L'odeur âcre du maïs grillé sur un stand de rue à Oaxaca, la moiteur écrasante de la jungle qui enserre les ruines de Palenque, et le vacarme permanent des avenues de Mexico City. Le Mexique exige de l'énergie. Si vous limitez ce pays à la zone hôtelière de Cancún et à ses plages privatisées, vous passerez à côté de l'essentiel. C'est un territoire immense, complexe, souvent paradoxal, où la logistique dicte la réussite du voyage. Ce guide décortique la destination pour vous aider à tracer un itinéraire qui tient la route, loin des attrapes-touristes et des galères de transport.
Le Mexique en bref
- Durée idéale : 15 à 21 jours minimum (le pays fait presque 4 fois la France).
- Budget par personne : 1 200 à 1 800 € pour deux semaines (hors vols internationaux), selon la région.
- Meilleure période : Novembre à avril (saison sèche).
- Idéal pour : Un road-trip entre amis, les couples cherchant un mix culture/plage, les baroudeurs.
- À éviter : Septembre et octobre sur la côte Caraïbe (pic de la saison des ouragans) et la période du Spring Break américain à Cancún/Tulum (mars).
Pourquoi partir au Mexique ?
On va au Mexique parce qu'aucun autre pays d'Amérique latine ne propose une telle densité historique couplée à des infrastructures touristiques aussi développées. Vous pouvez passer la matinée à gravir les marches d'une cité maya engloutie par la végétation et l'après-midi à boire un mezcal artisanal dans un bar pointu, le tout sans faire dix heures de piste cahoteuse. C'est un pays qui encaisse les chocs thermiques et culturels : des déserts arides de Basse-Californie aux forêts tropicales du sud, des mégalopoles ultra-modernes aux villages indigènes où l'espagnol n'est qu'une seconde langue.
Il faut cependant être clair sur les défauts de la destination. Le Mexique souffre d'une hyper-touristification sur sa façade Caraïbe. L'axe Cancún-Playa del Carmen-Tulum affiche aujourd'hui des prix quasi-américains, couplés à une américanisation massive de l'offre (paiement en dollars exigé, pourboires forcés à 20%, musique omniprésente). De plus, la sécurité est un sujet réel : si les zones touristiques sont globalement sûres, les règles de base (ne pas rouler de nuit, éviter certains États comme le Sinaloa, le Michoacán ou certaines zones du Guerrero) sont strictes et non négociables. Si vous acceptez ces règles du jeu, le niveau de dépaysement est inégalable.
Quand partir au Mexique ?
Le Mexique se divise climatiquement en deux grandes saisons. La saison sèche, de novembre à fin avril, est la fenêtre de tir optimale. Le ciel est dégagé, les températures sont supportables, et l'humidité chute. La saison des pluies, de mai à octobre, apporte des averses violentes en fin de journée et une chaleur poisseuse, avec un risque cyclonique marqué en septembre/octobre sur les côtes. Attention également au phénomène des sargasses (ces algues brunes nauséabondes qui envahissent les plages des Caraïbes) : elles frappent principalement de mars à septembre. Pour des plages propres, visez l'hiver ou privilégiez la côte Pacifique.
| Période | Météo | Affluence | Prix | Notre avis |
|---|---|---|---|---|
| Novembre à Mars | 24–30 °C (Sèche) | Forte à très forte | €€€ | La meilleure météo, mais réservez à l'avance, surtout pour les fêtes de fin d'année. |
| Avril à Mai | 28–35 °C (Très chaud) | Modérée (hors Pâques) | €€ | Intense chaleur à l'intérieur des terres, les prix baissent. |
| Juin à Août | 26–32 °C (Pluvieux) | Modérée (Tourisme local) | €€ | Humidité maximale, pluies en fin de journée, moustiques voraces. |
| Septembre à Octobre | 25–30 °C (Ouragans) | Faible | € | Risque météo élevé, fermetures fréquentes de commerces sur les côtes. À éviter. |
Que faire au Mexique : nos 12 incontournables
Impossible de tout voir en un seul voyage. Cette sélection balaie les sites majeurs et quelques alternatives moins saturées pour construire votre itinéraire.
1. Mexico City (CDMX) : le choc urbain
Vingt-deux millions d'habitants, une altitude de 2 240 mètres qui coupe le souffle les premiers jours, et une énergie frénétique. Mexico City (CDMX) n'est pas qu'une étape de transit, c'est le cœur culturel de l'Amérique latine. Du centre historique tentaculaire autour du Zócalo (construit sur les ruines de la capitale aztèque Tenochtitlán) aux quartiers bohèmes de Roma et Condesa remplis de cafés de spécialité, la ville exige au moins 4 jours pleins. Ne manquez pas l'immense Musée national d'Anthropologie, essentiel pour comprendre les sites archéologiques que vous visiterez ensuite, et une soirée de Lucha Libre à l'Arena México pour l'ambiance électrique.
- Tarif : Environ 4 à 5 € pour les musées majeurs · Durée : 4 à 5 jours · Le bon moment : Le dimanche, quand l'avenue Paseo de la Reforma est fermée aux voitures et réservée aux vélos.
- Notre conseil : Déplacez-vous en Metrobús (les bus rouges en site propre) ou en Uber. Évitez les taxis de rue (les "libres"), souvent impliqués dans des petites arnaques.
[IMAGE — Vue sur le Palacio de Bellas Artes depuis un café en hauteur]
2. Teotihuacán : la cité des Dieux
Situé à 50 km au nord-est de Mexico, ce site archéologique massif frappe par sa démesure. La Pyramide du Soleil et la Pyramide de la Lune dominent la Calzada de los Muertos (l'Allée des Morts). Même si l'escalade des pyramides est désormais interdite pour des raisons de conservation depuis la pandémie, marcher sur cette immense artère rectiligne entourée de montagnes arides reste une expérience fondatrice du voyage. Le site fait près de 20 kilomètres carrés, prévoyez de bonnes chaussures et de l'eau, l'ombre y est inexistante.
- Tarif : 90 MXN (environ 5 €) · Durée : 3 à 4 h sur place · Le bon moment : À 8h00 pile à l'ouverture des portes.
- Notre conseil : Prenez un bus public depuis la gare routière "Terminal del Norte" à Mexico City (guichet 8). C'est direct, sûr, et cela coûte une fraction du prix d'un tour organisé.
[IMAGE — Les pyramides de Teotihuacán sous le soleil matinal]
3. Oaxaca : l'âme culinaire et artisanale
Si le Mexique avait une capitale de la gastronomie, ce serait Oaxaca (prononcez "Oa-ha-ka"). Cette ville coloniale aux façades colorées est encerclée de montagnes. On y vient pour arpenter les marchés (le Mercado 20 de Noviembre) et manger des tlayudas (grandes tortillas croustillantes) ou du mole, cette sauce complexe au cacao et piment qui mijote pendant des jours. C'est aussi le berceau du mezcal, l'alcool d'agave fumé. Les environs regorgent de villages d'artisans (Teotitlán del Valle pour les tapis) et de sites zapotèques comme Monte Albán, perchés sur une colline rasée à la main par les indigènes.
- Tarif : Gratuit pour déambuler, repas sur les marchés autour de 4-6 € · Durée : 3 jours · Le bon moment : Début novembre pour le Día de los Muertos, la célébration y est spectaculaire (mais réservez 6 mois à l'avance).
- Notre conseil : Évitez les visites de distilleries de mezcal ("palenques") proposées par les tours opérateurs qui finissent en pièges à touristes. Louez une voiture et allez voir Eduardo ou d'autres petits producteurs autour de Matatlán.
[IMAGE — Façades colorées et papel picado flottant dans les rues de Oaxaca]
4. Les cascades pétrifiées de Hierve el Agua
À environ 1h30 de route sinueuse depuis Oaxaca, ce site géologique est l'un des plus étranges d'Amérique du Nord. De loin, on dirait de puissantes cascades figées par le gel. Il s'agit en réalité de formations minérales créées par des sources d'eau sursaturées en carbonate de calcium sur des milliers d'années. Au sommet de ces falaises, des bassins naturels d'eau minérale à flanc de ravin permettent de se baigner avec une vue vertigineuse sur la vallée désertique.
- Tarif : 50 MXN (accès au site) + péage communautaire · Durée : 2 h sur place · Le bon moment : Avant 10h pour éviter les bus d'excursion.
- Notre conseil : Le trajet en "colectivo" (taxi partagé) depuis Oaxaca est très peu cher mais sportif. Si vous conduisez, attention aux nids-de-poule et aux topes (dos d'âne mexicains très agressifs) sur le dernier tronçon non goudronné.
[IMAGE — Les piscines naturelles à débordement de Hierve el Agua]
5. San Cristóbal de las Casas (Chiapas)
Changement radical de décor et de température. Le Chiapas est l'état le plus méridional, le plus pauvre, mais peut-être le plus fascinant. Perchée à 2 200 mètres dans la brume, San Cristóbal est une ville coloniale à l'atmosphère révolutionnaire (c'est le fief historique du mouvement zapatiste) et fortement indigène. Les ethnies Tzotzil et Tzeltal y descendent des montagnes pour vendre leur artisanat. L'ambiance y est froide le matin (prévoyez un pull) et très vivante le soir dans les rues piétonnes autour du Zócalo. Visitez impérativement l'église de San Juan Chamula à proximité : un syncrétisme religieux frappant où rites chamaniques (sacrifices de poulets, bougies par milliers sur le sol tapissé d'aiguilles de pin) se mêlent au catholicisme.
- Tarif : Coût de la vie très bas · Durée : 3 jours · Le bon moment : La fin d'après-midi, quand les lumières rasantes éclairent les façades ocres et jaunes.
- Notre conseil : À l'intérieur de l'église de Chamula, ranger absolument vos appareils photo et téléphones. Prendre une photo à l'intérieur est considéré comme un affront grave, puni de la confiscation du matériel, voire pire, par la police communautaire.
[IMAGE — Rues pavées et architecture coloniale de San Cristobal de las Casas]
6. Les ruines englouties de Palenque
Laissez la montagne de San Cristóbal derrière vous et descendez dans la jungle moite des basses terres du Chiapas. Palenque est une cité maya qui donne l'impression d'avoir été découverte la veille. Contrairement à Chichén Itzá, posée sur une plaine dégagée, Palenque est avalée par une végétation luxuriante où résonnent les hurlements territoriaux des singes hurleurs (un son guttural terrifiant quand on ne le connaît pas). L'architecture maya classique s'y déploie avec une finesse incroyable, notamment le Temple des Inscriptions.
- Tarif : Double péage (Parc National + Site) environ 180 MXN (10 €) · Durée : 3 à 4 h · Le bon moment : Tôt le matin, la brume s'évapore au-dessus des pyramides et la chaleur est encore tolérable.
- Notre conseil : Le trajet en bus entre San Cristóbal et Palenque est tristement célèbre pour ses barrages routiers locaux (bloqueos) et la route très sinueuse (Ocosingo). Vérifiez l'état de la route la veille auprès de votre hôtel, ou prenez un bus de nuit ADO qui fait le grand détour sécurisé par Villahermosa.
[IMAGE — Temple de Palenque émergeant de la jungle brumeuse]
7. Valladolid et les cenotes du Yucatán
Pour explorer la péninsule du Yucatán, zappez la côte bétonnée et posez vos valises à Valladolid. Cette ville coloniale tranquille, aux tons pastel, est la base logistique parfaite. Surtout, elle est encerclée par les plus beaux "cenotes" du pays. Ces gouffres remplis d'eau douce cristalline (d'anciennes grottes calcaires dont le plafond s'est effondré) étaient sacrés pour les Mayas. Il y en a des milliers. Oubliez le cenote Ik Kil, saturé de gilets de sauvetage fluos, et cherchez les cenotes fermés ou semi-ouverts (Xkeken, Samula, Oxman) où les racines des arbres plongent à 20 mètres dans le vide pour atteindre l'eau.
- Tarif : Les prix des cenotes ont explosé, comptez 150 à 300 MXN par entrée (8 à 15 €) · Durée : 1 journée de "cenote hopping" · Le bon moment : Entre midi et 14h, quand le soleil est au zénith et transperce l'eau via les ouvertures du plafond.
- Notre conseil : Les crèmes solaires et anti-moustiques, même biodégradables, sont strictement interdites pour protéger ces écosystèmes fragiles d'eau douce. Prenez une douche impérative (souvent obligatoire et surveillée) avant de vous baigner.
[IMAGE — Puits de lumière perçant l'obscurité d'un cenote souterrain]
8. Calakmul : dans les pas d'Indiana Jones
Située tout au sud, à quelques kilomètres de la frontière du Guatemala dans la réserve biosphérique homonyme, Calakmul est la cité maya qui se mérite. Il faut rouler 60 kilomètres sur une route étroite à travers une jungle épaisse abritant jaguars, toucans et dindons ocellés. À l'arrivée, peu de touristes. Contrairement à la majorité des autres sites, vous pouvez (et devez) grimper au sommet des structures principales (Structure II). Au-dessus de la canopée, la vue s'étend à 360 degrés sur une mer verte ininterrompue jusqu'au Guatemala (on y aperçoit la cité d'El Mirador au loin). C'est vertigineux et brut.
- Tarif : Multiples péages pour traverser la réserve (environ 300 MXN / 15 € au total) · Durée : 1 journée complète (trajet inclus) · Le bon moment : Dès l'ouverture de la réserve.
- Notre conseil : Faites le plein de votre voiture de location à Xpujil. Il n'y a absolument aucune station-service, aucun magasin ni réseau téléphonique une fois engagé sur les 60 km de route menant au site. Prenez vos propres provisions d'eau et de nourriture.
[IMAGE — Vue sur la jungle à perte de vue depuis le sommet de la pyramide de Calakmul]
9. La lagune de Bacalar
Surnommée la "lagune aux sept couleurs", cette immense étendue d'eau douce située dans l'état du Quintana Roo offre des nuances de bleu qui n'ont rien à envier aux Maldives, causées par des différences de profondeur et des fonds de sable blanc. Bacalar a longtemps été un secret bien gardé mais attire désormais beaucoup de monde. La ville reste néanmoins bohème. On y vient pour faire du kayak, de la voile au lever du soleil et observer les stromatolithes (des formations rocheuses vivantes qui sont parmi les plus anciennes formes de vie sur terre).
- Tarif : Excursion en voilier autour de 600-800 MXN (30-40 €) · Durée : 2 à 3 jours · Le bon moment : Le lever du soleil en paddle.
- Notre conseil : Refusez catégoriquement les tours en bateaux à moteur. Leurs hélices remuent les sédiments, détruisent les stromatolithes et rejettent des hydrocarbures, menaçant de faire perdre à la lagune ses couleurs (ce qui s'est produit en 2020 après une tempête couplée à la pollution). Privilégiez les catamarans non motorisés.
[IMAGE — Les nuances de bleu incroyables de la lagune de Bacalar]
10. La côte Pacifique : Mazunte et Zipolite
Si vous cherchez des plages, fuyez les Caraïbes et filez sur la côte de l'état de Oaxaca, face à l'océan Pacifique. L'ambiance y est totalement différente : vagues puissantes, falaises rocheuses, communautés de surfeurs et backpackers. Puerto Escondido est la ville principale (célèbre pour le spot de surf de Zicatela), mais les villages de Mazunte et Zipolite offrent une déconnexion totale. Chemins de terre, jus frais, yoga, et la Punta Cometa pour observer le soleil se coucher littéralement dans l'océan. Attention, Zipolite est la seule plage officielle nudiste du Mexique, l'ambiance y est extrêmement libérée et alternative.
- Tarif : Hébergements et repas bon marché · Durée : 4 à 5 jours pour se reposer · Le bon moment : Janvier/Février pour fuir l'hiver européen.
- Notre conseil : La baignade y est souvent très dangereuse (forts courants de baïne). Ne vous fiez pas aux apparences, respectez les drapeaux rouges, les noyades sont très fréquentes. Ne nagez que dans les criques protégées (comme San Agustinillo).
[IMAGE — Plage de sable doré et fortes vagues sur la côte de Mazunte]
11. La Basse-Californie (Baja California Sur)
Une péninsule s'étirant sur plus de 1 200 km au nord-ouest du pays, bordée par l'océan Pacifique et la mer de Cortés (que Jacques Cousteau appelait "l'aquarium du monde"). C'est le paradis des road-trips : cactus géants (cardones), routes désertiques rectilignes, et surtout une faune marine exceptionnelle. On vient en "Baja" pour voir les baleines grises qui viennent mettre bas dans les lagunes (San Ignacio, Magdalena Bay), nager avec des requins-baleines à La Paz ou plonger avec les otaries à Los Islotes. C'est un Mexique très différent, plus cher, souvent fréquenté par les Californiens en van aménagé.
- Tarif : Excursions marines coûteuses (80-120 €) · Durée : 10 jours minimum pour un bon road trip · Le bon moment : De fin janvier à mars pour l'observation des baleines.
- Notre conseil : Louez un véhicule avec un bon dégagement (SUV) si vous prévoyez de quitter la route principale (Mex 1) pour chercher les spots de surf sauvages ou les campings déserts.
[IMAGE — Un désert planté de cactus plongeant dans la mer de Cortés]
12. L'exploration culinaire (Street Food)
C'est une activité à part entière. La gastronomie mexicaine est classée au patrimoine immatériel de l'UNESCO et n'a absolument rien à voir avec le Tex-Mex (pas de burritos au chili con carne ni de fajitas ici, ce sont des inventions américaines). Chaque région a sa spécialité : les tacos al pastor (viande de porc marinée cuite sur une broche tournante inspirée du shawarma libanais) à Mexico City, la cochinita pibil (porc cuit sous terre) dans le Yucatán, le ceviche et l'aguachile sur les côtes. Manger dans la rue (les "puestos") est l'essence même du voyage.
- Tarif : 15 à 30 MXN (0,80 à 1,50 €) par taco · Durée : À chaque repas · Le bon moment : Le soir, quand les stands s'illuminent et que les locaux s'y pressent.
- Notre conseil : La règle d'or pour éviter la "tourista" n'est pas d'éviter la street food, mais de choisir les stands où il y a une longue file d'attente de Mexicains. Un fort débit de clientèle garantit que les ingrédients, notamment la viande, ne stagnent pas à la chaleur.
[IMAGE — Stand de rue servant des tacos al pastor avec l'ananas au sommet de la broche]
Où dormir au Mexique ? (Nos repères par zones clés)
Le parc hôtelier mexicain est extrêmement vaste. Des "hostals" bondés aux haciendas historiques restaurées. Voici nos recommandations pour trois des principaux points de chute du pays.
À Mexico City
Privilégiez les quartiers de Roma Norte ou Condesa, verts, sûrs et centraux. Le Centro Histórico (autour du Zocalo) est spectaculaire de jour, mais se vide et devient beaucoup moins sécurisant une fois la nuit tombée.
- Petit budget (20-40 €/nuit) : Hostel Home (Roma), petite auberge pionnière, ambiance intimiste, propre et excellemment placée.
- Confort (70-120 €/nuit) : Nima Local House Hotel ou les petits boutique-hôtels de la rue Alvaro Obregón. Literie excellente et toit-terrasse.
- Coup de cœur (150 € et +) : La Valise Mexico City. Trois immenses suites, dont une avec un lit qui glisse sur la terrasse pour dormir sous les étoiles de la capitale. Un design pointu et un service irréprochable.
À Valladolid (Base arrière du Yucatán)
Oubliez l'agitation de la Riviera Maya et profitez de l'architecture coloniale.
- Petit budget (15-35 €/nuit) : Hostel Candelaria, coloré, avec un beau patio ombragé, situé juste à côté d'un petit parc agréable.
- Confort (50-90 €/nuit) : Le Muuch Hotel, une adresse récente qui mélange style hacienda et confort moderne, avec de superbes piscines pour se rafraîchir après les pyramides.
- Coup de cœur (150-250 €/nuit) : Coqui Coqui Meson de Malleville. Une ancienne maison coloniale reconvertie par un parfumeur. Une esthétique rustique chic époustouflante, on y dort entouré de senteurs florales et de murs en pierre brute.
À Oaxaca
Restez dans le Centro Histórico (entre le Zócalo et le temple Santo Domingo). Vous ferez tout à pied.
- Petit budget (15-30 €/nuit) : Iguana Hostel Oaxaca, propre, central, avec des dortoirs corrects et des hamacs.
- Confort (60-100 €/nuit) : Hotel con Corazón. Un bel établissement qui reverse une grande partie de ses bénéfices à l'éducation locale. Chambres impeccables.
- Coup de cœur (200 € et +) : Pug Seal Oaxaca ou Grana B&B. Des maisons bourgeoises du XIXe siècle magistralement réhabilitées. Patios intérieurs, balcons en fer forgé, design oaxaquénien contemporain.
Comment se rendre et se déplacer au Mexique ?
- En avion (Vols internationaux) : Les deux portes d'entrée majeures sont Mexico City (MEX) et Cancún (CUN). Depuis l'Europe, comptez 11 à 12 h de vol direct (Air France, Aeromexico). Les vols avec escale aux USA, moins chers, nécessitent impérativement de faire une demande d'ESTA (même pour un simple transit de 2h).
- En avion (Vols internes) : Indispensables vu les distances. Aeromexico (classique), Volaris et VivaAerobus (low-cost pures). Attention, sur les low-cost, le bagage cabine est souvent facturé en supplément. Achetez toujours l'option "Tarifa Smart" ou équivalent.
- Les bus (Le réseau ADO) : Le réseau de bus mexicain est l'un des meilleurs d'Amérique latine. La compagnie nationale ADO gère des flottes modernes, ponctuelles et sûres. Pour les longs trajets de nuit, visez les classes "ADO GL" ou "Platino" (sièges inclinables, prises, toilettes séparées). Achetez vos billets aux guichets des gares (les terminaux de paiement de l'application ADO rejettent souvent les cartes bancaires européennes).
- La location de voiture : Essentielle pour le Yucatán ou la Basse-Californie. Prudence absolue avec les assurances : le Mexique exige une assurance Responsabilité Civile spécifique au pays ("TPI" ou "PLI"). Les assurances incluses via votre carte Gold/Premier en France ne suffisent pas légalement. Sans cette TPI, l'agence refusera de vous donner le véhicule ou retiendra une caution exorbitante (jusqu'à 10 000 €). Louez chez de grands groupes, filmez la voiture sous tous les angles à la remise, et ne roulez jamais de nuit (animaux, nids-de-poule massifs, risque de sécurité).
Quel budget prévoir ?
Le Mexique n'est plus la destination "sac à dos ultra-cheap" qu'elle a pu être, en grande partie en raison d'un peso mexicain récemment très fort face à l'euro. Les écarts sont toutefois immenses : une semaine dans le Chiapas ou l'Oaxaca coûte moitié moins cher qu'une semaine à Tulum.
| Poste | Petit budget (Routard) | Confort (Road-trip classique) |
|---|---|---|
| Vol aller-retour (Europe) | 650 € (avec escale) | 900 € (direct) |
| Hébergement / nuit (moyenne) | 25 € (lit dortoir / petite chambre) | 80 € (chambre double avec clim et sdb) |
| Repas / jour | 15 € (street food, comedores) | 40 € (restos de classe moyenne, verres) |
| Transports locaux / jour | 10 € (bus locaux, colectivos) | 45 € (location voiture + essence / ADO Platino) |
| Activités / jour | 10 € (entrées sites, nature) | 30 € (musées, guides, cenotes privés) |
| Total estimé pour 15 jours | ~1 550 € | ~2 825 € |
Nos 5 conseils cruciaux pour réussir votre séjour
- Gérez "la mordida" (le pot-de-vin) : Si vous louez une voiture, surtout dans la région de Cancún/Tulum, la police locale a la fâcheuse habitude d'arrêter les voitures de location pour des excès de vitesse imaginaires, menaçant de confisquer le permis, et réclamant un paiement en cash immédiat. Restez poli, feignez de ne pas comprendre l'espagnol, exigez la contravention écrite ("multa") pour aller la payer au commissariat. Bien souvent, face à votre refus de payer en cash au bord de la route, ils vous laisseront repartir.
- Anticipez la culture du pourboire ("La Propina") : Le service n'est pas inclus au Mexique. Laissez systématiquement 10 % de la note au restaurant, voire 15 % si le service était exceptionnel. Ne pas laisser de propina est considéré comme très impoli. Vérifiez toutefois l'addition : dans certaines zones très touristiques de la Riviera Maya, la "propina" est parfois ajoutée abusivement à votre insu.
- L'eau du robinet est impropre à la consommation : Ne la buvez jamais. Ne vous brossez même pas les dents avec dans les régions rurales. Pour les glaçons dans les restaurants ou les jus de rue, ils sont à 99 % faits avec de l'eau purifiée en gros bidons (garrafones), donc sûrs, sauf dans des endroits très reculés.
- Attention aux "Topes" : Ce sont les dos-d'âne mexicains. Ils sont immenses, prolifèrent aux entrées de chaque village, et sont souvent signalés à la dernière seconde (voire pas du tout s'il n'y a plus de peinture jaune). Un tope pris à 80 km/h arrachera le train avant de votre voiture de location. Conduisez prudemment.
- Ayez toujours du liquide : Bien que la carte bancaire se démocratise, le Mexique reste l'économie du cash (le peso mexicain, MXN). Les péages (cuotas), les petits marchands, les taxis et les stations-service exigent souvent du liquide. Retirez dans les distributeurs adossés à de vraies banques (BBVA, Santander, Citibanamex, HSBC) pour éviter le clonage de cartes, fréquent sur les distributeurs isolés dans la rue.
Questions fréquentes sur le Mexique
Le Mexique est-il un pays dangereux pour les touristes ?
Oui et non. Les affrontements liés aux cartels font la une de la presse internationale, mais ils ciblent très rarement les touristes, et se concentrent dans des zones spécifiques (frontière nord, Michoacán, Sinaloa) où les étrangers ne vont pas. Sur un itinéraire touristique classique (Yucatán, Chiapas, Oaxaca, Mexico City), le risque majeur relève de la petite délinquance (pickpockets dans le métro, vol dans un bus). Respectez les règles de bon sens : ne marchez pas seul à 3h du matin, ne consommez pas de drogues illégales, et surtout, ne conduisez jamais de nuit entre deux villes.
Faut-il un visa ou des vaccins ?
Pour les citoyens européens (français, belges, suisses), aucun visa n'est requis pour un séjour touristique de moins de 180 jours. Remplissez simplement le formulaire migratoire (FMM). Conservez précieusement le volet du FMM que l'agent de l'immigration vous remet, il vous sera demandé pour quitter le pays. Côté vaccins, rien n'est obligatoire, mais soyez à jour sur vos rappels universels (DTP, Hépatite A). Si vous allez dans la jungle du sud pendant la saison des pluies, un traitement antipaludique préventif peut être recommandé, consultez votre médecin.
Quel itinéraire choisir pour un premier voyage de 15 jours ?
Le circuit classique, idéal et rodé, consiste à atterrir à Mexico City (y passer 4 jours avec Teotihuacán). Prendre un vol interne ou un bus de nuit vers Oaxaca (3 jours). Enchaîner par un vol interne de Oaxaca vers Tuxtla Gutiérrez ou Mérida. Louer une voiture pour faire la boucle de la Péninsule du Yucatán (Mérida, Uxmal, Valladolid, Tulum, Bacalar sur 7 à 8 jours) et repartir depuis l'aéroport de Cancún.